19/01/2026

6–9 minutes

Ce qu’il faut savoir sur la psychothérapie institutionnelle en 2026

Élodie Marchand

Ce qu'il faut savoir sur la psychothérapie institutionnelle en 2026

Qu’est-ce que la psychothérapie institutionnelle et quels sont ses fondements?

La psychothérapie institutionnelle ne se limite pas à un simple ensemble de thérapies individuelles dispensées dans un hôpital psychiatrique. Elle repense l’ensemble de l’établissement comme un outil thérapeutique à part entière. L’idée maîtresse est que le cadre, les relations humaines, les rituels quotidiens et l’organisation interne de l’institution influencent profondément la santé mentale des patients.

Contrairement à une approche purement médicale, elle considère que guérir suppose de transformer l’environnement de soin lui-même, afin qu’il devienne un lieu vivant, ouvert et respectueux de la singularité de chacun.

Elle s’appuie sur des principes clairs et exigeants. Le premier est le respect absolu de la dignité du patient, quel que soit son état clinique. Cette posture s’oppose à toute forme de stigmatisation ou de traitement infantilisant.

Le second principe est l’importance du transfert institutionnel: les émotions et les projections des patients ne s’adressent pas uniquement aux soignants, mais à toute la structure — sa hiérarchie, ses règles, ses espaces communs. Enfin, la participation active du patient à la vie de l’établissement est fondamentale.

Cela peut passer par des conseils de service, des ateliers collectifs ou des responsabilités concrètes, visant à restaurer son autonomie et son sentiment d’agir.

En 2026, cette approche reste un pilier dans les établissements de santé mentale qui souhaitent aller au-delà de la simple gestion des symptômes. Elle propose une alternative à la désinstitutionnalisation radicale ou à la médicalisation excessive, en rappelant que l’humain ne guérit pas dans le vide, mais dans un contexte relationnel et symbolique.

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Question 1: Quel est le rôle principal de l’institution selon cette approche?

Comment l’histoire a-t-elle façonné la psychothérapie institutionnelle?

Archives historiques de la psychothérapie institutionnelle montrant des documents anciens et des photos d

Les racines de la psychothérapie institutionnelle plongent dans une volonté séculaire d’humaniser la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiques. Dès le XVIIIe siècle, Philippe Pinel a initié une révolution en libérant les aliénés des chaînes, posant les bases d’un « traitement moral ». Ce concept, repris par Jean-Étienne Esquirol, visait à organiser des espaces dédiés, les asiles, où la régulation des émotions passait par une discipline bienveillante, des activités structurantes et une attention constante à la parole du patient.

Toutefois, au fil du XIXe siècle, ces asiles se sont progressivement transformés en lieux de confinement massif, perdant leur dimension thérapeutique. Comme l’a analysé Michel Foucault, ils sont devenus des « grands renfermements », où l’absence de compréhension des dynamiques psychiques a conduit à l’enfermement perpétuel et à l’isolement. Le manque de prise en compte du transfert — ce phénomène psychanalytique selon lequel les patients projettent leurs affects sur leurs soignants — a été une des causes majeures de cet échec.

Pourquoi la psychothérapie institutionnelle reste-t-elle essentielle aujourd’hui?

En 2026, malgré les critiques parfois formulées par des instances comme la Haute Autorité de Santé (HAS), qui a classé cette pratique parmi les « approches non consensuelles », la psychothérapie institutionnelle conserve une légitimité incontestable dans la prise en charge des pathologies lourdes. Elle s’avère particulièrement pertinente pour les personnes atteintes de schizophrénie, d’autisme sévère ou de troubles bipolaires graves, pour lesquelles une simple médication ou une thérapie individuelle ne suffit pas.

L’enjeu principal est de lutter contre l’entropie asilaire — ce processus de fermeture sur soi, de déshumanisation graduelle des lieux de soin, qui conduit à une routine aliénante. En instaurant des espaces de parole, des projets collectifs et une gouvernance participative, la psychothérapie institutionnelle permet de maintenir une dynamique vivante au sein des établissements. Elle favorise ainsi la réinsertion sociale, le développement de l’autonomie et le retour à une vie digne.

Elle s’inscrit aussi en contrepoint d’un certain scientisme médical qui réduit l’individu à ses seuls dysfonctionnements biologiques. En rappelant que le soin psychique implique une dimension relationnelle, symbolique et culturelle, elle contribue à une psychiatrie plus holistique. Cela rejoint d’ailleurs les principes de la géobiologie, qui étudie l’influence de l’environnement sur le bien-être, ou ceux de la réflexologie, qui valorise une approche intégrative du corps et de l’esprit.

Qui sont les figures marquantes de ce mouvement?

Portrait de François Tosquelles, l

Plusieurs figures emblématiques ont façonné cette discipline. François Tosquelles, psychiatre catalan exilé en France, en est considéré comme l’un des pionniers. À l’hôpital de Saint-Alban, pendant la Seconde Guerre mondiale, il a mis en œuvre une approche radicalement nouvelle: il a transformé un asile en un lieu de vie, où la culture, l’art et la participation des patients étaient au cœur du projet thérapeutique.

Son influence a été déterminante pour toute une génération de psychiatres.

Jean Oury, formé par Tosquelles, a fondé en 1953 la Clinique de La Borde, devenue un modèle international de psychothérapie institutionnelle. Il a développé la notion de « machine institutionnelle », soulignant que l’établissement fonctionne comme un organisme vivant, où chaque membre — soignant ou soigné — joue un rôle actif. Son œuvre continue d’inspirer les pratiques contemporaines.

Félix Guattari, psychanalyste et philosophe, a également marqué l’histoire de cette approche. Co-dirigeant de La Borde, il a théorisé la « schizo-analyse », une pensée critique qui interroge les rapports de pouvoir dans les institutions psychiatriques. Son travail, notamment avec Gilles Deleuze, a ouvert de nouveaux champs de réflexion sur la subjectivité et la folie.

Comment la psychothérapie institutionnelle est-elle mise en œuvre concrètement?

La mise en œuvre de cette approche repose sur des pratiques quotidiennes concrètes. Chaque repas, chaque réunion d’équipe, chaque atelier peut devenir un moment thérapeutique, à condition d’être pensé comme tel. L’objectif est de créer un climat de confiance où les patients ne sont pas seulement des bénéficiaires de soins, mais des acteurs à part entière de leur parcours.

Les équipes soignantes jouent un rôle central. Elles sont invitées à une vigilance constante sur leurs propres émotions, leurs projections et les dynamiques de groupe. Des espaces de supervision réguliers permettent d’analyser les situations complexes et de prévenir les dérives.

Cette posture exigeante, parfois décrite comme une « éthique du soin », s’aligne avec les principes de la trame, qui explore les liens invisibles entre les êtres et leurs environnements.

Estimer l’impact d’une activité institutionnelle

Ce simulateur vous aide à évaluer les bénéfices potentiels d’un projet collectif dans un cadre institutionnel (atelier d’écriture, jardin thérapeutique, etc.).

Résultat:

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre psychothérapie institutionnelle et psychanalyse?
La psychanalyse s’adresse principalement à l’individu, tandis que la psychothérapie institutionnelle agit sur l’ensemble du cadre de soin. Elles sont complémentaires, mais la seconde dépasse la cure individuelle pour transformer l’environnement collectif.

Est-ce que cette approche est encore utilisée en 2026?
Oui, elle est présente dans de nombreux hôpitaux psychiatriques, cliniques spécialisées et structures de soin de secteur. Des lieux comme La Borde continuent d’inspirer les pratiques innovantes.

Peut-on y accéder sans hospitalisation?
En général, cette approche se déploie dans des cadres institutionnels, mais certains principes peuvent être adaptés en ambulatoire, notamment via des groupes thérapeutiques ou des projets participatifs.

Est-elle remboursée par la sécurité sociale?
Les soins prodigués dans le cadre d’un établissement de santé mentale sont pris en charge selon les modalités habituelles. Les activités spécifiques peuvent faire partie du projet thérapeutique validé.

Quels sont les effets secondaires possibles?
Il n’y a pas d’effets secondaires médicamenteux, mais des tensions peuvent émerger dans les dynamiques de groupe. C’est pourquoi la supervision des équipes est essentielle pour accompagner ces processus.

Comment choisir un établissement qui pratique cette approche?
Vous pouvez consulter les sites des centres experts ou demander conseil à un psychiatre de secteur. La transparence du projet de soin est un bon indicateur.

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